Pourquoi j’ai lancé Voyage tout risque
Quand l’imprévu devient une histoire
Il y a une chose que tous ceux qui me suivent en voyage ont fini par comprendre. Si je prends un vol, il va forcément se passer quelque chose. Un retard improbable, un détour inutile, un siège cassé, un sac perdu ou une connexion manquée. Bref, le genre d’aventure qui fait rire après, mais jamais sur le moment. Mes amis refusent maintenant de prendre le même vol que moi, question de statistiques selon eux. Moi, j’appelle ça du matériel brut pour raconter des histoires.
Parce que oui, des péripéties, j’en ai vécu mille. Mais ce qui m’a toujours fasciné, ce n’est pas seulement ce que moi je vis. C’est ce que tout le monde vit en voyage, même les plus organisés, les plus prudents et les plus confiants que rien ne peut mal tourner. Spoiler: ça arrive à tout le monde.
Voyager, pour moi, c’est avant tout rencontrer du monde et leurs histoires. J’aime parler voyage. Ça me passionne et ça m’allume. J’ai l’impression de partir un peu chaque fois qu’on me raconte une anecdote, une gaffe, un moment où tout a failli déraper. C’est une façon de voyager par procuration, de partager le vertige, les fous rires, l’inconfort, la magie, le chaos et tout ce qui fait qu’un voyage devient un souvenir impérissable. Ce n’est pas les pays que je retiens. C’est les histoires. Et les gens. Toujours les gens.
Avant Voyage tout risque, j’avais un blogue de voyage. J’y racontais mes aventures, mes galères, mes découvertes. C’était une fenêtre ouverte sur mon carnet de voyage, mais avec le temps, j’ai compris qu’il manquait quelque chose d’essentiel. L’échange. Un blogue, c’est surtout à sens unique. On écrit, les gens lisent, puis ça s’arrête là. Il n’y avait pas cette chaleur, cette complicité, ce moment où quelqu’un rebondit sur ton histoire pour raconter la sienne. Je voulais quelque chose de vivant. Quelque chose de partagé. Quelque chose qui ressemble aux conversations qu’on a autour d’une bière dans une auberge ou dans une file d’attente à l’aéroport.
Et il y avait aussi une autre vérité. Je me sentais coincé créativement. Au travail, je manquais d’air. J’avais besoin d’un projet qui n’était pas une commande, pas une priorité stratégique et pas un livrable qui passe par plusieurs couches d’approbation. Il me fallait un défi créatif qui me passionnait et que je pouvais mener du début à la fin. Un espace où je pouvais raconter, créer, explorer sans demander la permission. Un projet qui me ressemblait vraiment.
Voyage tout risque est né de là. De l’autodérision, de l’échange et d’un besoin profond de créer. J’ai lancé ce balado pour célébrer les histoires vraies qui n’étaient pas prévues. Celles qu’on raconte en riant. Celles qui nous ont fait paniquer sur le coup. Celles qui révèlent qui on est quand tout bascule un peu. Le balado permet ce que le blogue n’offrait pas: la voix, le rythme, la spontanéité, les hésitations, les rires sincères et surtout l’échange humain. Chaque semaine, quelqu’un vient partager une anecdote qui lui ressemble. Et moi, je suis là pour écouter, jaser, relancer, rire un peu, et parfois me reconnaître beaucoup trop.
En résumé, j’ai lancé ce balado parce que j’ai un talent naturel pour les voyages qui tournent tout croche, parce que j’adore entendre les histoires des autres, parce que je voulais une plateforme vivante, humaine et drôle, parce que j’avais besoin d’un projet créatif à moi, parce que je crois sincèrement que les imprévus nous rapprochent et parce que les meilleures histoires ne se passent jamais comme prévu.
Si ce genre de récit vous fait sourire ou vous rappelle votre propre moment où tout semblait foutu, vous êtes exactement à la bonne place. Bienvenue dans Voyage tout risque. Ici, on rit, on se reconnaît et, par mesure de sécurité, on évite de prendre le même vol que moi.