Ce que j’ai découvert sur les gens en les écoutant raconter leurs voyages
Les voyages changent les gens. Les histoires qu’ils racontent les révèlent.
J’ai découvert quelque chose en enregistrant Voyage tout risque, et ça m’a surpris plus que toutes les valises perdues de ce monde.
Ce n’est pas une révélation grandiose, rien qui mérite un documentaire de Paul Arcand, mais quand même : ça m’a frappé.
Peu importe le type de voyageur
– celui du tout inclus qui défend sa chaise longue comme un territoire ancestral,
– l’explorateur urbain qui marche 32 kilomètres par jour « parce qu’on ne revient pas ici demain »,
– ou le backpacker philosophique qui vit avec trois t-shirts roulés trop serrés dans un sac,
… on a tous exactement le même moteur. La connexion. Et, paradoxalement, la déconnexion.
On part pour se retrouver, pour se perdre, pour se redécouvrir, pour se libérer du quotidien qui colle un peu trop. On part pour voir du monde, pour éviter du monde, pour respirer autrement, pour savoir qu’on existe ailleurs que dans notre messagerie Teams. Bref, on part pour toutes sortes de raisons, mais elles mènent toutes au même endroit : on cherche du contact, même quand on prétend fuir le contact.
Le voyage est universel.
Pas dans la destination, ni dans la façon de plier nos vêtements (certains d’entre nous maîtrisent des techniques proches de l’origami, d’autres roulent tout comme un burrito douteux).
Il est universel dans ce qu’il touche chez nous : le besoin d’explorer, de comprendre, de sentir que la vie peut encore nous surprendre un peu.
Et il y a une scène que je trouve magnifique, même si personne ne l’avoue jamais : le lundi matin, au retour d’un voyage, dans n’importe quel bureau du Québec, il y a au moins une personne qui brûle d’envie de raconter ce qu’elle a vécu. Ça commence souvent par :
« C’était vraiment pas prévu, mais… »
Et soudain, tu as droit à un morceau de leur aventure, comme un héritage verbal, un petit trésor transmis de bouche à oreille.
Les humains font ça depuis toujours. On partage ce qui nous a transformés, même un tout petit peu.
Et en les écoutant, épisode après épisode, j’ai compris une chose : les voyages ne nous définissent pas autant que la façon dont on en parle. C’est dans l’étincelle, dans le rire embarrassé, dans le “tu ne me croiras pas”, dans le regard qui revient un peu ailleurs.
C’est là que je retrouve mes invités.
Et c’est là que je retrouve l’humain derrière chaque aventure : pas dans les destinations… mais dans la manière qu’on a de les raconter.